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Écologie

Développement soutenable et environnement

mercredi 31 décembre 2003, par Jeddo
mise à jour : samedi 5 mai 2007

Le développement économique est-il soutenable ? Du point de vue environnemental, la réponse est clairement négative. Pour l’instant.
Mots-clés : environnement

Tout d’abord parlons du “développement durable”. C’est une notion à laquelle on peut faire dire à peu près ce que l’on veut. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y a pas de consensus sur cette question. Les libéraux s’en servent pous “humaniser” leur discours, tandis que les écologistes l’ont inscrit à leur programme.

« L’état de l’environnement n’est plus simplement le problème des générations futures (...) mais bien celui des générations présentes. » [*] C’est-à-dire que c’est désormais un problème politique, d’où ce rush sur le développement durable. Cependant on ne sent pas que les actuels responsables politiques se sont engagés dans cette direction.

Les pays du Nord sont les pires ennemis du développement durable

Si l’on souhaite que les pays du Sud atteignent le même niveau de vie que les pays occidentaux, on peut émettre deux hypothèses. Soit on accepte qu’ils augmentent leur production énergétique, et là « c’est la catastrophe assurée » (pensez au milliard deux cent millions de chinois). Soit les pays “riches” acceptent de réduire leur production énergétique, et par conséquent leur niveau de vie. Il existe cependant une multitude de solutions pour éviter le pire.

Le protocole de Kyoto en est une parmi d’autre. Rappelons qu’il a été signé en 1997. Le but était que les pays industrialisés réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 %, objectif modeste. Les deux principaux pays émetteurs, les Etat-Unis et la Russie, n’ont pas ratifié ce protocole. Remarque de Poutine : « Pour un pays nordique comme la Russie, un réchauffement de 2 à 3 degrés ne serait pas grave, et peut même être bénéfique. On dépenserait moins pour les manteaux de fourrure et les vêtements chauds. » Merci Vladimir.

Puisqu’on ne peut pas vraiment compter sur les dirigeants des grands pays industrialisés, que ce soit Bush, Poutine et consorts, que peut-on faire à notre niveau ? Recycler par exemple. Même si cela peut paraître dérisoire voire contraignant pour les Monsieur-tout-le-monde que nous sommes, « une croissance sobre et neutre vis-à-vis de l’environnement (...) cela signifie une société qui ne consomme pas les ressources naturelles plus vite qu’elles ne se régénèrent. Un système où le recyclage remplace l’extraction de matières premières. »

Parallèlement, il faudrait « produire les biens et les services (...) en utilisant moins d’énergie. » C’est là qu’interviennent les politiques. D’une part ils doivent responsabiliser les citoyens du monde entier, et d’autre part ils doivent prendre des décisions fondamentales. Par exemple, l’interdiction des gaz CFC à l’échelle mondiale a permis à la couche d’ozone atmosphérique de se refaire une santé. « Mais ce type de mesure radicale reste rare. »

À l’Europe les idées, aux Étas-Unis le pétrole

Une autre idée est le principe pollueur-payeur (récemment annihilé par Roselyne Bachelot en France). L’objectif est de faire payer un impôt, appelée “écotaxe”, proportionnel à la pollution engendrée. C’est-à-dire tout simplement que l’agriculteur qui irrigue son champ avec de l’eau provenant des nappes phréatiques paiera « le fait qu’elle est issue d’un cycle lent et fragile de régénération. » De même on pourrait mettre en place un système de “permis négociables”, « système de droits alloués par les pouvoirs publics aux entreprises pour leurs rejets polluants. »

Il est peut-être facile aujourd’hui de désigner un coupable mais seule l’Europe s’est engagée « dans une politique volontariste de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre ». Les Etat-Unis rechignent au moindre effort car cela contrarie à la fois leur volonté hégémonique et leurs intérêts purement économiques. Comment « se passer de la coopération de tel ou tel acteur » ?

Une solution consisterait à créer une véritable instance internationale de l’Environnement. Il en existe pour le Commerce, pour la Santé, pourquoi pas l’Organisation Mondiale de l’Environnement ? On l’a vu, ce n’est plus un problème futur, local, mais un problème actuel, global et la protection de l’environnement doit être une priorité.

P.-S.


- Rappelons que l’objectif pourtant modeste du protocole de Kyoto était de réduire les rejets dans l’atmosphère des cinq principaux gaz à effet de serre de 5,8% d’ici 2010. Les Etats-Unis - responsables à 36% de ces émissions - ont dit non par l’intermédiaire de leur président G. Bush. De son côté, Poutine a définitivement refusé de signer le protocole en septembre dernier (voir plus haut). À eux deux les USA et la Russie représentent pourtant la moitié des rejets de gaz à effet de serre...

- Qu’en est-il de l’Europe, alors ? Seuls cinq pays ont respecté leurs engagements : l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande et l’Irlande. La France fait évidemment partie des mauvais élèves (Le Canard enchaîné, 7/04/04). Elle devait revenir à son niveau de 1990, soit une diminution de 8% de ses émissions. Mais la pression des industriels et du Medef ont fait leur effet, et le gouvernement s’apprête, d’après Greenpeace, à permettre une augmentation de 4% des rejets. Un petit pas en arrière.

Notes

[*] Citations extraites de l’excellent article de Marc Chevallier dans “Alternatives Economiques”, Hors-Série n° 59 sur la mondialisation.


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